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Le risque du diabète de type 2 modulé par l’épigénétique?

L’obésité a fait exploser les cas de diabète de type 2. Les quelque 650 millions de personnes obèses sur la planète ont en effet sept fois plus de risque de développer cette maladie. Si leur tour de taille est le principal déclencheur du diabète de type 2, pourquoi certaines d’entre elles ne le développent pas?

Le risque de développer le diabète de type 2 en lien avec l’obésité est dû à une combinaison d’éléments.

Différentes recherches ont montré que la génétique joue un rôle, mais modéré. Il y a donc d’autres facteurs en jeu. Selon Elin Grundberg, professeure au Département de génétique humaine de l’Université McGill et chercheuse à la tête du projet EpiTriO impliquant des collaborateurs du Canada, de la France et de l’Allemagne, la réponse se trouve dans l’épigénome. Cet ensemble de modifications chimiques, appelées marques épigénétiques, s’accumulent au cours du temps selon le mode de vie et l’environnement, et altèrent le mode de fonctionnement de certains gènes.

Pour vérifier cette hypothèse, Elin Grundberg et son équipe ont utilisé la banque québécoise de tissus humains, implantée à l’Université Laval, dont les échantillons ont été prélevés lors de chirurgies bariatriques pour comparer les divers types de cellules entre des personnes obèses diabétiques et non diabétiques. En scrutant les cellules à haute résolution, ils ont constaté des différences dans leur composition et l’expression de différents gènes.

La professeure Grundberg pense donc que le risque plus ou moins élevé de développer le diabète de type 2 en lien avec l’obésité est dû à une combinaison de surcharge graisseuse, de bagage génétique et de changements épigénétiques environnementaux. Toutefois, elle doit encore valider ces observations auprès de plus grandes cohortes de patients obèses. Elle espère ainsi expliquer l’origine des marques épigénétiques. Proviennent-elles de l’alimentation, de facteurs environnementaux, de l’hérédité ?

Ultimement, les chercheurs rêvent de trouver un moyen – idéalement une prise de sang – pour identifier rapidement chez les personnes en surpoids les marqueurs témoignant d’un risque accru de développer le diabète de type 2. Un tel dépistage permettrait de prévenir la maladie en modifiant, par exemple, l’alimentation, et ce, avant que le diabète ne cause des dommages physiques et économiques importants.