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Trucs et astuces avant de partager une nouvelle : les Néandertaliens en Californie

Le Détecteur de rumeurs est produit par l’Agence Science-Presse, en partenariat avec
les Fonds de recherche du Québec et le Bureau de coopération interuniversitaire

La nouvelle sur des Néandertaliens qui auraient vécu en Californie il y a 130 000 ans en a fait sourciller plusieurs cette semaine. La majorité des experts interviewés par des journalistes ont jugé l’annonce des chercheurs exagérée. Vous avez partagé cette nouvelle sur Facebook ? Est-ce une erreur de l’avoir fait ? Le Détecteur de rumeurs en profite pour vous offrir ses trucs et astuces.

Est-ce une fausse nouvelle?

Non, des chercheurs du Musée d’histoire naturelle de San Diego ont vraiment fait cette annonce.

Est-ce une simple opinion?

Non, c’est davantage qu’une opinion, il y a une étude en arrière-plan, donc des données que ces chercheurs estiment solides

L’étude est-elle parue?

Oui, et de surcroît dans la revue Nature, qui ne publie que des textes qui ont été révisés par d’autres experts du domaine. L’étude a donc survécu à un « tamisage ».

Est-ce une conclusion définitive?

Non, une étude unique n’est jamais une conclusion définitive. C’est là que les réactions d’autres experts obtenues par certains journalistes deviennent importantes : elles permettent au lecteur qui n’est pas lui-même scientifique de remettre cette nouvelle en contexte et d’en découvrir certaines faiblesses.

Il ne faut pas s’imaginer que le rôle du journaliste en pareil cas est de décoder lui-même les forces et faiblesses de cette recherche : un de ses rôles est d’interviewer des experts qui peuvent le faire.

Or, il se trouve que dans ce cas-ci, de très nombreuses objections soulevées par exemple ici, ici et ici, témoignent que les résultats sont loin de faire l’unanimité. Pour en savoir plus sur les objections des experts, voir le texte de l’Agence Science-Presse.

Doit-on s’abstenir de partager sur Facebook cette nouvelle?

Non. C’est une information importante, qui va susciter beaucoup de débats passionnés dans la communauté scientifique. Mais à choisir, il est préférable de partager un texte journalistique qui souligne l’existence de ces objections plutôt qu’un texte journalistique qui se contente de résumer la recherche avec un titre accrocheur.

Comment puis-je savoir que d’autres chercheurs émettent des objections, si le reportage que j’ai lu n’en mentionne aucune?

  • Première astuce du Détecteur de rumeurs : il est toujours bon de lire plus d’une source. C’est encore plus important lorsqu’un article nous apprend qu’il s’agit d’une toute nouvelle découverte qui bouleverse les connaissances acquises.
  • Deuxième astuce du Détecteur de rumeurs : si un article parle d’une découverte qui bouleverse les connaissances acquises, mais qu’il ne mentionne ni bémols ni objections, méfiez-vous.

– Pascal Lapointe, journaliste scientifique

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