Les écoles attendent des élèves un certain niveau d’engagement envers leurs études. C’est aux élèves qu’il revient de s’adapter aux règles de leur établissement d’enseignement. Pourrait-on inverser l’équation et construire avec les élèves, des pratiques qui favorisent l’engagement ?
L’approche traditionnelle, dite « déficitaire », mesure l’engagement scolaire des jeunes en évaluant certains comportements comme arriver à l’heure, faire ses devoirs, lever la main avant de parler, etc. Le personnel enseignant associe ces comportements à des « déficits » que tout élève doit combler pour s’adapter à l’école. Or, on tient peu compte des éléments du contexte familial ou social qui pourraient les expliquer, et on rate parfois d’autres formes d’engagement des élèves.
Dans un projet de recherche-action, Marie-Odile Magnan, chercheuse en sciences de l’éducation, a exploré une approche différente pour susciter l’engagement scolaire dans les milieux défavorisés.
Cette approche veut mettre l’accent sur les ressources des élèves plutôt que sur leurs déficits. Elle repose en grande partie sur des échanges avec les élèves, afin d’identifier les défis auxquels ces enfants font face et de trouver des solutions avec et pour eux. Cet exercice permettrait d’adopter des pratiques qui favorisent et reconnaissent les diverses formes d’engagement scolaire.
La chercheuse a mené avec son équipe des entretiens avec des membres du personnel éducatif de plusieurs centres de services scolaires qui faisaient partie d’un groupe de codéveloppement de la démarche. L’équipe a ensuite organisé des activités artistiques dans des classes de cinquième et de sixième année, afin de susciter la prise de parole des élèves.
Ce projet de recherche-action a mené à la création du webdocumentaire en ligne « M’entendez-vous ? », qui est utilisé comme outil de formation à l’université, dans les milieux scolaires et au ministère de l’Éducation. Il est accompagné d’un document de référence qui permet de comprendre la démarche et de l’appliquer.



