Le ministère des Affaires municipales publie tous les trois ans un rapport sur le développement durable dans les municipalités. Il indique généralement que les petites municipalités en font très peu. La réalité est cependant bien différente.
En effet, une recherche de Juste Rajaonson, chercheur au Département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal, révèle que les actions en développement durable des petites municipalités sont sous-estimées.
Cette mauvaise évaluation proviendrait souvent des outils utilisés pour mesurer l’engagement envers le développement durable des villes. Par exemple, le sondage effectué par le ministère des Affaires municipales porte beaucoup sur les plans de développement durable et les cadres très formels. Cela pose deux problèmes.
D’abord, plusieurs des petites municipalités ne répondent pas à ce sondage, qui est assez long et complexe, par manque de temps et de ressources. Ensuite, beaucoup de ces villes n’ont pas adopté de cadre formel ou de plan de développement durable. Les gestes qu’elles posent sont plus informels et concernent quelques sujets plus précis, comme la gestion de l’eau ou la plantation d’arbres. Ils échappent donc au sondage.
L’équipe de Juste Rajaonson a épluché les données disponibles sur les sites web de plusieurs municipalités de moins de 5000 personnes, les hebdomadaires locaux, les dépliants municipaux et d’autres communications de ce genre pour documenter les initiatives mises en place. Rappelons qu’au Québec, environ quatre municipalités sur cinq sont dans cette catégorie. L’équipe a constaté qu’un grand nombre de ces municipalités posait des gestes de développement durable, sans nécessairement avoir de plan.
Le ministère des Affaires municipales a expérimenté cette méthode dans son bilan de 2023 du développement durable dans les municipalités. L’effet a été foudroyant : la proportion de petites municipalités qui sont jugées proactives dans le développement durable est passée de 24,4 % à 84 %!



