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Traiter sa douleur chronique avec un bouquin

Environ une personne sur cinq est aux prises avec de la douleur chronique, une condition qui a des répercussions tant sur le plan physique que psychologique. Malgré tout, ces patients sont des mal-aimés des professionnels de la santé, puisqu’ils sont difficiles à soigner. L’une des clés pour la prise en charge de la douleur persistante serait la thérapie d’acceptation et d’engagement, sous la forme, par exemple, de bibliothérapie (thérapie administrée par l’entremise d’un livre). Frédérick Dionne, Ph. D., professeur agrégé au Département de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières, s’est intéressé à l’efficacité de ce type d’intervention chez 140 adultes souffrant de douleur chronique.

Pendant huit semaines, la moitié des participants (70) ont lu le livre Libérez-vous de la douleur. Ce dernier se colle aux principes de la thérapie d’acceptation et d’engagement dans la gestion de la douleur chronique – des exercices de méditation de pleine conscience y sont, par exemple, proposés. Des assistants de recherche ont assuré un suivi minimal auprès de ce groupe, notamment au moyen de rappels par courriel à raison d’une fois par semaine. L’autre moitié a quant à elle été assignée à une liste d’attente, un groupe contrôle. L’ensemble des participants ont rempli divers questionnaires relatifs à leur santé physique et mentale avant, après et trois mois suivant l’expérience.

Au final, l’intervention psychologique a significativement amélioré le fonctionnement physique et émotionnel des adultes souffrant de douleur chronique. Ces résultats sont de prime importance dans un contexte de manque de ressources pour les thérapies en face à face. C’est d’ailleurs pour cette raison que le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a implanté le Programme québécois pour les troubles mentaux (PQPTM), une approche de soins par étapes fondée sur l’autogestion. La bibliothérapie, étudiée par le professeur Frédérick Dionne, appuie le bien-fondé de cette modalité d’intervention, qu’il applique d’ailleurs à d’autres problématiques, comme la procrastination scolaire.