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Tous les gras trans ne sont pas mauvais

La guerre aux gras trans fait rage depuis le début du millénaire alors que s’accumulent les preuves de leur impact nocif sur la santé cardiovasculaire. Mais tous les gras trans ne s’équivalent pas, ont montré les travaux des scientifiques du Centre Nutrition, Santé et Société (NUTRISS) de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) de l’Université Laval. Contrairement aux gras trans industriels, ceux d’origine naturelle, retrouvés notamment dans les produits laitiers et le bœuf, n’augmenteraient pas les facteurs de risque cardiovasculaire, car il est pratiquement impossible d’en consommer assez pour nuire à la santé.

Ce résultat est capital, car les aliments contenant des gras trans naturels sont également des sources importantes d’autres nutriments essentiels pour la santé, comme le calcium et la vitamine D. Bannir les gras trans naturels pourrait donc avoir des effets collatéraux non souhaitables sur le corps.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Center for Disease Control (CDC) et l’American Heart Association aux États-Unis se sont basés entre autres sur ces conclusions pour recommander, dès 2018, l’élimination des gras trans industriels de l’alimentation, mais pas celle des gras trans naturels. Santé Canada a été plus loin en rendant illégale l’utilisation des huiles végétales partiellement hydrogénées, la principale source de gras trans industriels au pays.

Sous l’égide de Benoît Lamarche, l’équipe de recherche du Centre NUTRISS a effectivement confirmé les impacts négatifs d’une consommation excessive de gras trans industriels. Ce type de gras, caché jusqu’à récemment dans les pâtisseries, les frites ou les beignes, accroît le taux de mauvais cholestérol tout en réduisant le bon cholestérol. S’ensuit alors une accumulation de dépôts de graisse qui peuvent contribuer à bloquer les vaisseaux sanguins, augmentant par le fait même le risque de crise cardiaque. Au tournant du millénaire, la consommation de gras trans d’origine industrielle a ainsi été responsable de quelque 100 000 décès par année aux États-Unis et 14 000 au Canada.

Grâce aux travaux du Centre NUTRISS, l’élimination des gras trans industriels de l’alimentation des Canadiens et Canadiennes va non seulement préserver la santé cardiovasculaire de la population, mais aussi faire épargner au pays près de 19 milliards de dollars annuellement en coûts de santé attribuables aux maladies du cœur.