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Plasticité physiologique des épinettes blanches et productivité des plantations

L’épinette blanche (EPB) est une des principales essences plantées au Québec. En 2010, 98 % des semences d’EPB ensemencées provenaient de sources améliorées génétiquement. L’amélioration génétique de cette essence a commencé dans les années 50 et se poursuit aujourd’hui, à une époque où l’améliorateur doit sélectionner des arbres qui se développeront dans des conditions de température et de CO2 vraisemblablement différentes des conditions actuelles.

Face à cette problématique, les objectifs de l’étude étaient (1) d’évaluer les réponses morpho-physiologiques de 60 familles bi-parentales d’EPB vis-à-vis de l’augmentation de la teneur en CO2, de l’augmentation des températures et de la combinaison de ces facteurs; (2) d’estimer l’amplitude de la variation génétique et l’héritabilité des caractères morpho-physiologiques mesurés; (3) d’évaluer la stabilité des familles face à la modification des facteurs environnementaux; et (4) de recommander les familles montrant le plus de potentiel pour le reboisement des sites situés dans les régions du Québec plus vulnérables aux changements climatiques.

Les résultats préliminaires montrent qu’il existe des différences entre les familles pour toutes les caractéristiques morphologiques mesurées et pour les caractéristiques physiologiques en lien avec les échanges hydriques. Dans le contexte des changements climatiques où les stress hydriques pourraient être plus fréquents en été, les familles ayant la meilleure efficacité d’utilisation de l’eau pourraient alors être avantagées. Par ailleurs, au début de la deuxième saison de croissance, une augmentation des températures s’est accompagnée d’un débourrement plus tôt dans la saison; ce qui pourrait augmenter la susceptibilité des plants à des gels hâtifs printaniers. Enfin, pendant les 2e et 3e saisons de croissance en chambres de croissance, des températures et une concentration en CO2 supérieures se sont accompagnées d’une croissance supérieure des plants. Lorsque des interactions avec les familles étaient significatives, elles étaient liées à un nombre limité de familles. Cela signifie que, pour la plupart, les familles ont répondu de façon similaire. Ainsi, il semble que les meilleures familles actuellement sélectionnées dans le cadre du programme d’amélioration génétique de l’épinette blanche resteront supérieures dans les conditions climatiques futures.

 

Chercheur principal : Hank A. Margolis, Université Laval

Titre original : Évaluation de la plasticité physiologique des familles d’épinette blanche et maximisation de la productivité des plantations en réponse aux changements climatiques

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