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Lésion de la moelle épinière : s’entraîner grâce à des jambes robotisées

Quelque 100 000 Canadiens et Canadiennes vivent avec une paralysie des jambes et utilisent un fauteuil roulant pour se déplacer. Pour promouvoir leur santé cardiovasculaire, musculaire, mais aussi osseuse, Dany Gagnon, physiothérapeute et chercheur en réadaptation à l’Institut universitaire sur la réadaptation en déficience physique de Montréal, et son équipe proposent d’utiliser un exosquelette robotisé de marche au sol.

Les personnes qui se retrouvent en fauteuil roulant à la suite d’une lésion de la moelle épinière sont souvent moins actives physiquement, et leurs jambes sont peu exposées à la gravité. Parmi les conséquences : un système cardiovasculaire moins sollicité, des muscles qui fondent et s’infiltrent de gras, des os qui se fragilisent devenant vulnérables aux fractures. Selon Dany Gagnon, également professeur et directeur des programmes de physiothérapie à l’École de réadaptation de l’Université de Montréal, ces personnes peuvent perdent de 30 à 50 % de leur masse osseuse dans leurs jambes pendant les 18 à 24 premiers mois suivant la lésion.

Le chercheur et son étudiant au doctorat Alec Bass ont eu l’idée d’acquérir un robot d’assistance à la marche qui, grâce à des moteurs et différents capteurs électroniques placés au niveau des genoux et des hanches, reproduit des mouvements personnalisés des jambes. Les scientifiques ont ensuite créé des programmes d’entraînement à la marche adaptés à différents profils cliniques. Jusqu’à maintenant, ils ont suivi onze participants et participantes qui se sont entraînés plusieurs fois par semaine à la marche pendant 4 mois et qui ont évalués pendant 7 mois.

Comparativement aux entraînements existants pour cette clientèle, l’exosquelette ferait travailler les os, pas seulement les muscles. Le fait de se lever étire les muscles et les tendons, mais cet exercice activerait également les cellules osseuses qui forment et renforcissent les os.

Les premiers résultats montrent que se verticaliser et marcher – ce que plusieurs n’avaient pas fait depuis longtemps – a également des bienfaits immédiats sur la santé psychologique. Une participante, par exemple, se réjouit : c’était la première fois que son fils la voyait debout!

Si les données de recherche ne sont que préliminaires, la COVID ayant ralenti le projet, l’équipe rêve déjà de démocratiser l’accès à un exosquelette dans les cliniques de réadaptation.