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Exploration pétrolière et préservation des écosystèmes

L’histoire de l’exploration et de l’exploitation pétrolières nous a maintes fois démontré les risques que de telles activités présentent pour les écosystèmes marins et pour ceux des berges. Si les combustibles fossiles sont essentiels à l’homme, il demeure primordial de connaître les effets de telles catastrophes écologiques, à défaut de pouvoir toutes les contrôler. C’est là une question sur laquelle se penche ArcticNet, un réseau canadien de centres d’excellence qui regroupe des scientifiques de tous les secteurs, des communautés nordiques et des partenaires des différents paliers de gouvernement et de l’industrie.

Les résultats de ces recherches permettent d’évaluer les risques que présente l’exploration pétrolière pour les écosystèmes en milieu arctique.

Tout a débuté en 2007, lorsque le ministère des Affaires autochtones et du Développement du Nord Canada a vendu des concessions à des compagnies pétrolières dans la mer de Beaufort, une région potentiellement riche en pétrole léger. ArcticNet a mis à profit l’expertise de quatre universités canadiennes et d’un centre de recherche fédéral, afin de s’assurer que chacun des sites choisis était sécuritaire et préservait la pérennité et la richesse des écosystèmes marins environnants. Les facteurs à considérer pour garantir la sécurité des sites étaient, en premier lieu, la stabilité du sol marin et de la circulation des glaces, afin d’éviter l’affaissement des structures pétrolières. La portion du projet concernant les écosystèmes marins a été confiée à Louis Fortier, de l’Université Laval, spécialiste de la dynamique des populations de zooplancton et de poissons marins et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la réponse des écosystèmes marins arctiques au réchauffement climatique.

Ce chercheur s’est principalement penché sur le cas de la morue arctique, un organisme-clé de l’écosystème pélagique de l’océan Arctique. En effet, ce poisson est responsable des trois quarts du transfert d’énergie entre le plancton et les vertébrés (poissons, phoques, oiseaux et baleines). Étant donné son importance, la moindre perturbation de son environnement, que ce soit en raison de changements climatiques ou à la suite d’une catastrophe pétrolière, pourrait entraîner un déséquilibre de toute la chaîne alimentaire. Différents aspects du cycle de vie de la morue ont été explorés, de la respiration du zooplancton au transport du carbone et de l’azote dans les fonds marins.

Les résultats de ces recherches scientifiques permettent en premier lieu d’évaluer les risques que présente l’exploration pétrolière pour les écosystèmes en milieu arctique. Ils permettent également d’éclairer la prise de décision gouvernementale concernant l’exploitation pétrolière, dans un contexte où le pétrole constitue une source de revenu non négligeable. De plus, si les gisements arctiques sont suffisamment importants, leur exploitation pourrait reléguer au second plan l’extraction de pétrole brut des sables bitumineux, ce qui réduirait les émissions de gaz à effets de serre. Ce projet offre aussi l’avantage d’avoir permis le développement d’une expertise internationale unique qui pourrait mener à de nouveaux partenariats dans d’autres régions polaires. Finalement, dans le contexte de la volonté du gouvernement du Québec d’évaluer la possibilité d’exploiter les gisements de pétrole du fleuve Saint-Laurent, l’équipe mise sur pied pourrait rapidement procéder à une étude des risques associés, car les conditions sont très semblables à celles que l’on trouve dans l’Arctique.