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Épigénétique environnementale : les nouvelles compréhensions des risques neuropsychiatriques

Les recherches sur l’épigénétique environnementale se multiplient et améliorent notre connaissance des conséquences biologiques de nos expériences de vie. Stephanie Lloyd, chercheuse au Département d’anthropologie de l’Université Laval, s’est intéressée à certaines études de l’impact des traumatismes sur une personne et leur possible rôle dans le développement de la maladie mentale.

Au 20e siècle, la constitution biologique (par exemple la génétique héritée des parents) était considérée comme un facteur déterminant de la santé qui était relativement stable et indépendant de nos environnements. Mais au tournant du 21siècle, l’épigénétique a remis cette idée en question.

L’épigénétique s’intéresse à l’impact de paramètres environnementaux (alimentation, exposition aux produits toxiques, stress, qualité de vie, etc.) sur le fonctionnement des cellules humaines, et ce, même à travers les générations. La recherche en épigénétique environnementale a démontré que plusieurs éléments de notre environnement (alimentation, traumatisme, etc.) peuvent modifier l’expression de nos gènes, sans changer la séquence linéaire de l’ADN. Ces modifications peuvent perdurer, même après la disparition du signal qui les a déclenchées. Certaines recherches suggèrent qu’elles seraient aussi réversibles, ce qui ouvre la porte à de nouvelles options de traitement pour diverses maladies, comme des cancers, l’Alzheimer ou le diabète de type 2.

La chercheuse a observé plusieurs laboratoires, dont un qui menait des études sur la transmission de traumatismes vécus durant l’enfance à la prochaine génération. Est-ce qu’un traumatisme qui s’est inscrit dans notre génome pourrait être passé à notre progéniture? Certains chercheurs croient que oui, alors que d’autres sont d’avis qu’un parent traumatisé pourrait communiquer son trouble à ses enfants non pas par la génétique, mais par ses comportements ou même par un mélange de ces facteurs.

Les travaux de Stephanie Lloyd apportent des nuances qui aident à mieux saisir l’importance et les limites de l’approche épigénétique environnementale, ses effets sur nos connaissances du développement du risque neuropsychiatrique et notre compréhension de l’impact des environnements néfastes sur nos vies.