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La localisation de la mémoire

Quel lien unit une œuvre au lieu où elle est exposée ? Olivier Asselin, chercheur au Département d’histoire de l’art, de cinéma et des médias audiovisuels de l’Université de Montréal, favorise la réflexion sur cette question grâce à trois prototypes d’expériences en réalité augmentée.

Son équipe et lui ont notamment numérisé entièrement le fameux Cyclorama de Jérusalem. Cette œuvre monumentale, qui se trouve à Sainte-Anne-de-Beaupré depuis la fin du 19e siècle, avait d’abord été installée sur le site de la Place des Arts, à Montréal. Sa numérisation 3D complète a permis de la relocaliser, virtuellement et en grandeur nature, dans son lieu d’origine. Munie d’un téléphone mobile ou d’une tablette, une personne peut donc s’y promener à sa guise. Le projet s’est rendu jusqu’à Venise, où il a été présenté dans le cadre d’un colloque.

Le chercheur a aussi collaboré avec le Musée des beaux-arts de Montréal au projet MuseumAR. Celui-ci présentait une scène interactive sur les lieux mêmes de l’exposition du tableau Le soir sur les terrasses, de Benjamin Constant.

Enfin, le projet Necropolis propose sept scènes interactives inspirées du roman Le château des Carpathes, de Jules Verne, dans l’église Notre-Dame-de-la-Présentation, à Shawinigan. Ces scènes se déploient en quelque sorte comme un jeu vidéo auquel les gens peuvent prendre part.

Ces projets ont bénéficié de collaborations interdisciplinaires fructueuses entre les domaines artistiques et patrimoniaux, ainsi que des technologies numériques. Les trois prototypes montrent que la réalité augmentée offre des occasions fort intéressantes de créer des expériences immersives et interactives aussi bien à l’extérieur – dans un espace public ou sur un site historique, par exemple – qu’à l’intérieur d’institutions culturelles.

Plus qu’un simple divertissement, ces nouvelles approches artistiques peuvent mettre en valeur le patrimoine et faciliter la transmission des savoirs aussi bien à des amateurs qu’à des spécialistes.