/ Production scientifique / Publications / Publications : une progression constante

3.1 Publications : une progression constante

Comme le montre la Figure 3‑1, la production scientifique québécoise a progressé de façon considérable et relativement constante entre 2000 et 2024, passant d’environ 8 000 à un peu plus de 20 000 publications pour l’ensemble des trois grands secteurs de recherche. Tout au long de la période étudiée, le secteur des sciences de la santé est celui qui a produit le plus de publications. On en comptait 4 200 en 2000 et 10 200 en 2024. Suit le secteur des sciences naturelles et du génie (SNG) avec une production qui est passée de 3 200 à 8 050 au cours de la même période.

Le cas des sciences sociales et humaines (SSH) mérite quant à lui des précisions supplémentaires. Il faut savoir que ce secteur de recherche n’est couvert que de façon très partielle dans les bases de données bibliométriques, et ce, pour deux raisons. D’une part, le livre et l’article de livre demeurent des modes de communication savante encore largement utilisés dans ce domaine. Or, comme on l’a indiqué plus haut, ces types de documents ne sont pas indexés dans la base de données bibliométriques. D’autre part, les revues en sciences sociales et humaines ont souvent une portée plus nationale qu’internationale et, pour cette raison, ne sont généralement pas indexées dans le WoS. Dans le cas plus particulier du Québec, il faut enfin mentionner que les revues non anglophones sont sous-représentées dans le WoS. Quoi qu’il en soit, mentionnons que les données bibliométriques témoignent néanmoins de la croissance de la production québécoise en SSH puisqu’entre 2000 et 2024, le nombre annuel d’articles recensés est passé d’environ 600 à plus de 1 700.

Remarquons en terminant que la croissance du nombre de publications québécoises s’est accélérée à partir de 2019 pour culminer avec un nombre record de près de 22 800 articles en 2021 et que celle-ci a été suivie d’une décroissance tout à fait inédite au cours des 25 dernières années, ce qui a ramené la production québécoise autour de 20 000 publications en 2023 et 2024. Il importe ici de souligner que cette tendance n’est pas propre au Québec, puisqu’on la retrouve également à l’échelle du Canada, de l’Amérique du Nord et du monde entier. Elle affecte donc l’ensemble de la base de données. Il faut ajouter également que cette tendance n’est pas visible uniquement dans la base de données (WoS), mais également dans Scopus qui est une autre base de données sélective comparable au WoS. Une pareille tendance s’observe même dans des bases de données inclusives comme OpenAlex et The Lens qui, par définition, ne sélectionnent pas les revues qu’elles indexent et offrent conséquemment des couvertures beaucoup plus larges que les bases sélectives. Il s’agirait donc bel et bien d’un phénomène global.

Pour une part, l’accélération récente (2019-2021) de la production scientifique suivie d’une période de repli s’explique bien sûr par l’impact de la pandémie de Covid sur le monde de la recherche. Comme on pouvait s’y attendre, une analyse des mots-clefs utilisés dans les articles montre clairement à ce moment une explosion des travaux reliés à la pandémie. Il convient toutefois de noter que l’accélération de la production scientifique a été entamée en 2019 et qu’elle précède donc un peu la pandémie. Mis à part la Covid, d’autres facteurs structurels ont donc dû jouer un rôle, dont la croissance des investissements et du personnel en R-D à l’échelle mondiale à partir de 2017, de même que des changements dans les pratiques de publication scientifique.

Figure 3-1 | Nombre de publications au Québec selon le secteur de recherche, 2000 à 2024

Source : Observatoire des sciences et des technologies (Clarivate Analytics – Web of Science). Dernière mise-à-jour: octobre 2025.