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Valoriser les plantes de sous-bois

Souvent négligées par rapport aux arbres, les plantes de sous-bois sont pourtant des partenaires indispensables à la forêt, car elles participent au recyclage d’éléments comme le carbone et l’azote ainsi qu’au cycle de l’eau. Elles ne sont toutefois pas insensibles aux perturbations environnementales. Pour tenter de prédire l’adaptation de ces plantes aux changements climatiques, Alison Munson, professeur titulaire au Département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval, et Isabelle Aubin, de Ressources naturelles Canada, ont mené une vaste étude pancanadienne dans la forêt boréale.

Les plantes de sous-bois participent au recyclage d’éléments comme le carbone et l’azote ainsi qu’au cycle de l’eau.

À travers tout le pays, cinq espèces communes ont été récoltées afin d’observer leurs changements de comportement selon leur environnement. C’est ce qu’on appelle la « plasticité ». Ainsi, en fonction du climat dans lequel elle évolue, une plante aura tendance à modifier certaines de ses caractéristiques pour s’adapter localement. Quatre de ces traits ont été évalués : les nutriments dans les feuilles et dans les racines, la longueur spécifique des racines et la surface spécifique des feuilles. Les analyses n’ont pas permis d’établir un modèle d’adaptation général pour toutes les espèces selon la région où elles se trouvent, mais il semble que les racines et les feuilles réagissent différemment aux perturbations liées au climat. De plus, les chercheuses ont découvert des espèces hybrides, ce qui pourrait constituer une stratégie d’adaptation efficace aux changements climatiques.

À la lumière de ces résultats, la forêt boréale s’avère un milieu résilient, puisqu’elle est régulièrement soumise à des perturbations comme des incendies de forêt. Étant donné leur rôle de premier plan, les plantes de sous-bois pourraient donc s’intégrer dans les modèles qui tentent de prédire l’effet des changements climatiques sur la dynamique des forêts et le cycle du carbone. En effet, certaines espèces ont une énorme capacité de stockage du carbone et pourraient modifier ce cycle dans un contexte de réchauffement global. Redonner leurs lettres de noblesse à ces plantes permettrait donc de faire des prévisions plus justes.