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Santé mentale et relations familiales

Plus de la moitié des enfants québécois connaissent un problème de santé mentale avant leur 10e anniversaire, sous la forme d’anxiété, d’hyperactivité et d’inattention, d’agressivité, d’opposition, de retrait social… Mais pourquoi certains enfants en bas âge développent-ils de tels troubles et d’autres non ?, s’est demandé Karine Dubois-Comtois, membre du Centre de recherche de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal et professeure au Département de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières. La chercheuse a vite compris l’importance d’identifier les jeunes à risques afin d’intervenir rapidement et d’éviter que leurs troubles les suivent à l’âge adulte.

Les résultats montrent clairement que les interactions parents-enfants sont un mécanisme de transmission pour la santé mentale.

En laboratoire et en clinique, son équipe et elle ont observé trois groupes d’enfants âgés de 1 à 5 ans : 50 cas suivis en pédopsychiatrie, 100 enfants vivant dans un environnement familial à risques et 200 issus de familles de la population générale. Les scientifiques ont filmé parents et enfants lors de séances de jeu, à l’occasion d’un moment stressant pour les enfants et pendant un repas en famille. Ils ont ensuite analysé la qualité des relations familiales et les façons dont les enfants utilisent leurs parents pour gérer leur stress.

Le projet est toujours en cours, mais les résultats montrent clairement que les interactions parents-enfants sont un mécanisme de transmission pour la santé mentale. Par exemple, lorsque l’un des parents a lui-même un trouble de santé mentale, les interactions familiales en souffrent, ce qui est associé à des problèmes d’adaptation chez les enfants. Les interactions parents-enfants constituent également un facteur de risques ou de protection pouvant accentuer ou limiter l’effet d’autres facteurs de risques dans l’environnement des enfants. Notamment, de bonnes relations familiales préservent les enfants de l’impact négatif de la précarité financière.

Les résultats du projet de Karine Dubois-Comtois permettront aux intervenants sociaux et aux professionnels de la santé de reconnaître rapidement les familles à risques pour aider celles-ci à mieux interagir afin de protéger la santé mentale de leurs enfants.