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Un logiciel pour améliorer l’attention des élèves en difficulté

Comment développer les capacités d’attention chez des élèves ayant des troubles d’apprentissage? Avec un simple jeu de vision 3D. Armando Bertone, professeur au Département de psychopédagogie et counseling de l’Université McGill et directeur du Laboratoire de perception en neurosciences sur l’autisme et le développement (PNLab), a mis au banc d’essai le Neurotracker, un logiciel québécois développé par Jocelyn Faubert, de l’Université de Montréal.

Le Neurotracker augmente de 10 % la capacité d’attention.

Ce jeu d’entraînement cognitif consiste à suivre des yeux des balles vertes qui se déplacent plus ou moins rapidement sur un écran. En 2014, Armando Bertone a voulu vérifier l’impact de ce jeu sur la capacité d’attention de jeunes souffrant de troubles autistiques, d’apprentissage, d’attention ou de langage. Un partenariat avec l’école Le Sommet à Montréal et l’école Samuel-De-Champlain à Québec lui a permis de suivre 129 jeunes âgés de 12 à 17 ans. Ceux-ci ont été divisés en trois groupes : le premier s’est entraîné avec le Neurotracker trois fois par semaine pendant cinq semaines, le deuxième a utilisé un autre jeu et le troisième n’a rien fait. La capacité d’attention de tous ces jeunes a été testée avant et après la période de cinq semaines. Résultats : le Neurotracker augmente de 10 % la capacité d’attention. Un gain significatif qui déteint sur d’autres tâches, telles que l’écoute en classe. Selon le chercheur, l’approche simple, dynamique et adaptative de l’outil, ainsi que le mode de jeu non verbal basé sur la vision, conviennent parfaitement à la clientèle étudiée. En comparaison, les autres programmes d’entraînement sur le marché proposent souvent des scénarios sociaux qui ne rejoignent pas les jeunes.

L’utilisation du Neurotracker se traduit-elle par de meilleurs résultats scolaires? Trop tôt pour le dire. Armando Bertone souhaite suivre les jeunes pendant quatre ou cinq ans afin de répondre à cette question. Pour ce faire, il a mis sur pied un centre de recherche à l’école Le Sommet et il continue de collaborer avec l’école Samuel-de-Champlain pour évaluer les effets du Neurotracker sur les habiletés en français et en mathématiques.