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Les femmes : créatrices d’énergie

Assurer l’approvisionnement en bois, c’est leur travail. Alimenter le foyer, moudre le grain et se procurer de l’eau potable font aussi partie de leurs tâches. Les femmes et les jeunes filles d’Afrique de l’Ouest sont de véritables créatrices d’énergie. Elles accomplissent des tâches colossales pour assurer la subsistance de leur famille, parfois au péril de leur santé.

Les villages disposent désormais de systèmes de pompage d’eau alimentés à l’énergie solaire.

Heureusement, de plus en plus d’initiatives faisant appel aux énergies renouvelables voient le jour. Elles pourraient sensiblement améliorer leurs conditions de vie en plus d’alléger leurs tâches. Une équipe de chercheurs du Burkina Faso et du Sénégal a plongé au cœur de cette transition énergétique pour comprendre ce qui anime les communautés à entreprendre cette grande transformation.

En Afrique de l’Ouest, chaque famille utilise entre 7 kg et 10 kg de bois par jour pour ses besoins domestiques, soit environ 3 tonnes de bois par année. Dans un secteur déjà fortement touché par la désertification, cette matière première n’est pas toujours disponible ou facilement accessible. De plus, les femmes inhalent toute la journée la fumée des foyers. Sans compter que cela augmente les risques de brûlures et d’incendies.

Il n’a pourtant suffi que de modifier la composition des foyers traditionnels pour réduire la consommation de bois de 30 % à 60 % grâce à une meilleure concentration de la chaleur. De plus en plus de ménages les adoptent, d’autant que les femmes peuvent construire elles-mêmes ces foyers améliorés avec des matériaux locaux.

En périphérie des villes, des installations motorisées durables ont vu le jour, comme des moulins à céréales ou des pompes à eau. À Ngouye, par exemple, on a désormais des moulins alimentés par du biocarburant. Celui-ci est produit à partir du jatropha, un arbuste dont les graines riches en huile se transforment facilement en carburant. Auparavant, les femmes devaient marcher jusqu’à la ville voisine, parfois située à une journée de marche pour moudre leur récolte. D’autres préféraient moudre de façon traditionnelle avec un mortier, une méthode qui exige beaucoup de temps. L’air de rien, cela fait que les fillettes peuvent désormais aller à l’école.

Ailleurs, comme à Felane, c’est l’approvisionnement en eau qui a vécu une cure de jouvence. Les villages disposent désormais de systèmes de pompage d’eau alimentés à l’énergie solaire. Les femmes n’ont donc plus à parcourir de longues distances pour approvisionner leur famille en eau potable.

Le projet ProGREEN s’intéresse aux répercussions de ces initiatives locales sur l’égalité des sexes et l’éducation des jeunes filles. Lancé par l’organisme START et soutenu par les Fonds de recherche du Québec, le projet souhaite accélérer la transition énergétique en déterminant les obstacles et les facilitants à la mise en place de solutions énergétiques durables.

En savoir plus sur le projet ProGREEN