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Les arbres, source d’ombre… et de pollen!

Si vous êtes allergique au pollen, vous devrez prendre votre mal en patience. Depuis 30 ans, la concentration de ces grains minuscules dans l’air augmente sans cesse, notamment en raison des bouleversements climatiques qui ont allongé la saison de croissance des végétaux. Pourtant, on manque toujours de données scientifiques claires sur le potentiel allergène de nombreuses plantes, souligne Rita Sousa Silva, postdoctorante en écologie forestière au Centre d’étude de la forêt de l’Université du Québec à Montréal, dans sa dernière étude réalisée en partenariat avec l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Un vide qu’elle entend bien combler.

On manque toujours de données scientifiques claires sur le potentiel allergène de nombreuses plantes, souligne Rita Sousa Silva.

La chercheuse s’intéresse particulièrement aux forêts urbaines. Pour contrer les îlots de chaleur et diminuer la pollution de l’air, les villes plantent davantage d’arbres. Une excellente idée qui devient un problème pour les personnes allergiques. Les plants choisis sont presque exclusivement des mâles, émetteurs de pollen, car les villes ne veulent pas gérer les graines des fleurs et les fruits des arbres femelles. De plus, il n’existe aucun consensus sur le potentiel allergène des différentes espèces. Par exemple, les États-Unis classent les érables comme une essence allergène à ne pas planter, alors que pour l’INSPQ, ces arbres sont peu allergènes.

Par ailleurs, les prévisions pollen sont loin de refléter la réalité : une ville ayant généralement une seule station de capture du pollen, toutes les espèces n’y sont pas représentées. Les outils actuels ne permettent pas non plus d’identifier les pollens en dehors des grands groupes botaniques, comme les érables.

Rita Sousa Silva projette donc d’installer, dans la région de Montréal, un réseau de stations de capture de divers pollens afin de bien représenter leur diversité et leur distribution. Elle espère également en améliorer l’identification grâce à une technique précise et rapide qui repose sur l’empreinte ou sur la signature génétique des plantes. Cela permettrait notamment aux villes de mieux planifier leurs plantations pour minimiser l’émission de pollen allergène.