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La formation à distance : en constante évolution

Depuis 25 ans, de plus en plus d’établissements d’enseignement offrent l’apprentissage à distance, transformant ainsi leur mode d’organisation traditionnel. Quelles sont les motivations derrière ce choix institutionnel ?

La formation à distance, les cours en ligne ouverts à tous et le campus numérique ont tour à tour été présentés comme des innovations incontournables pour assurer l’avenir de l’université.

Pour répondre à cette question, Patrick Pelletier, chercheur en gestion à l’Université TÉLUQ, a réalisé une quarantaine d’entrevues semi-dirigées auprès du personnel administratif et enseignant de sept universités, entre 2014 et 2018. Il a ainsi pu déterminer les critères, mais aussi les valeurs et les influences qui orientent leur prise de décision.

Le chercheur a identifié plusieurs facteurs qui sont pris en considération : la volonté de diminuer les coûts et de démocratiser l’apprentissage, les choix pédagogiques antérieurs ou encore la difficulté à suivre des évolutions technologiques de plus en plus rapides. Les universités doivent aussi composer avec certaines orientations gouvernementales. C’est le cas actuellement du campus numérique, une initiative du ministère de l’Enseignement supérieur qui vise à organiser la coopération des universités dans l’enseignement numérique et à en centraliser divers aspects.

L’étude a aussi révélé un certain effet de mode. En fait, la formation à distance, les cours en ligne ouverts à tous (MOOC pour Massive Open Online Course) et le campus numérique ont tour à tour été présentés comme des innovations incontournables pour assurer l’avenir de l’université. Très sensibles au discours des communautés d’affaires et à la nécessité de se positionner sur le plan commercial, les écoles et les facultés de gestion seraient tout particulièrement portées à se plier à ces croyances.

Finalement, les travaux de Patrick Pelletier ont montré qu’une forme d’enseignement hybride tend à s’imposer. Elle combine les avantages de la formation à distance et ceux de l’apprentissage en classe, ce qui permet d’atteindre à la fois des objectifs pédagogiques, économiques et logistiques (baisse des coûts, optimisation de l’occupation des locaux, etc.). La formation à distance représenterait donc moins une rupture organisationnelle radicale qu’un outil qui s’ajoute aux pratiques pédagogiques antérieures.