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Non, le Blue Monday n’est pas le jour le plus déprimant de l’année!

Le Détecteur de rumeurs est produit par l’Agence Science-Presse, en partenariat avec
les Fonds de recherche du Québec et le Bureau de coopération interuniversitaire

Le lundi 15 janvier était le « Blue Monday », une journée nommée ainsi parce qu’on aurait soi-disant démontré, statistiques à l’appui, qu’il s’agit du jour du plus grand nombre de dépressions de l’année. Or, c’est complètement faux! Derrière cette rumeur, il n’y a ni statistiques ni études… mais une belle campagne de relations publiques.

C’est en janvier 2005 que ce concept est apparu : d’après une « formule mathématique » (somme des dettes d’après-Noël, température, salaire mensuel, motivation, etc.), élaborée par le psychologue Cliff Arnall, de l’Université de Cardiff, en Grande-Bretagne, le jour du « pic » annuel de déprime serait le 3e lundi du mois de janvier! Jusqu’à ce que des journalistes révèlent qu’il s’agissait en réalité d’un travail financé par une agence de voyages, Sky Travel : une façon pour celle-ci de convaincre davantage de Britanniques de s’acheter des billets vers des destinations soleil. Arnall n’était même pas officiellement professeur à l’Université de Cardiff.

Ce qui n’a pas empêché le concept, depuis, de rester en vie et de resurgir chaque année, telle une mauvaise herbe, notamment nourri par d’autres compagnies… qui pointent toutes « leur » journée de janvier comme étant « la vraie journée » du blues hivernal !

Pour en savoir plus

Blue Monday: There is no such thing as ‘the most depressing day of the year’, The Guardian, 6 janvier 2014.

Blue Monday: Scientists have not really identified a particular date in January as being statistically the most depressing day of the year, Snopes, 14 janvier 2015.

Le mythe du jour le plus déprimant de l’année, Science-Presse, 15 janvier 2014.

 

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