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Two things to know about vaping advertising (French version only)

Les articles du Détecteur de rumeurs sont rédigés par des journalistes
scientifiques de l’Agence Science-Presse. Les Fonds de recherche du Québec et
le Bureau de coopération interuniversitaire sont partenaires du Détecteur de rumeurs.

Auteur : Agence Science Presse

Une publicité sur le vapotage a fait beaucoup jaser la semaine dernière. Puisqu’elle joue la carte de la vérification des faits et de la lutte à la désinformation, faut-il y voir une volonté de faire de l’éducation? Le Détecteur de rumeurs propose deux questions de base pour percer l’écran de fumée.

Le contexte : les divers paliers de gouvernement songent à réviser l’encadrement des produits de vapotage pour les rendre moins attrayants pour les mineurs ou pour ceux qui souhaitent une option moins nocive que la cigarette.

1) Qui est derrière ce site? La publicité (ci-dessus) propose d’aller voir le site web (ci-dessous) desfaitssanspeur.ca. Si on s’y rend, il est clairement indiqué que la compagnie Imperial Tobacco est derrière cette campagne. Une courte recherche sur Wikipédia nous apprend de plus que cette compagnie de tabac a récemment investi le marché du vapotage.

2) Quelle est leur intention? Veut-on nous informer ou nous vendre quelque chose? La compagnie affirme sur son site que la nouvelle réglementation ne tiendrait pas compte des données probantes indiquant que le vapotage constitue une alternative « possiblement » moins nocive à la cigarette. Cette information, telle que formulée, est vraie: c’est une alternative « possiblement » moins nocive, dans l’état actuel de la recherche. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’une campagne intéressée, vu les intérêts d’Imperial Tobacco dans le vapotage.


 

Est-ce une stratégie inédite ? Alors que les deux questions proposées par le Détecteur de rumeurs sont importantes pour comprendre n’importe quel message, publicitaire ou autre, il existe un contexte historique qui peut aider à comprendre ce message-ci.

Jusqu’aux années 1980, la stratégie des compagnies de tabac pour vendre leurs produits avait été de semer le doute quant aux recherches sur le degré de nocivité de la cigarette. Cette stratégie est celle que des auteurs ont justement appelé la « stratégie du doute »: à partir des années 1950, les firmes de relations publiques qui, embauchées par les compagnies de tabac, ont dépensé des milliards de dollars, n’ont pas attaqué la recherche sur les effets du tabac sur la santé, mais ont défendu l’idée qu’il subsistait « un doute » ou « une incertitude » sur les liens entre le tabac et le cancer, et qu’en conséquence, il était encore trop tôt pour légiférer sur le tabac (taxes, interdiction de vente aux mineurs, avertissements sur les produits, etc.). Une stratégie similaire semble être aujourd’hui à l’œuvre avec le vapotage.

 

À lire aussi:

Reportages de Radio-Canada et du Devoir sur cette campagne publicitaire.

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