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Impacts du génotype et du poids à la naissance sur les circuits attentionnels

Des données convaincantes démontrent que plusieurs formes de maladies mentales prennent leur source au début de la vie. On a ainsi pu établir que des conditions adverses, même présentes dès les premiers mois suivant la conception, étaient corrélables avec un risque accru de développer, au cours de la vie, de nombreux troubles émotionnels et cognitifs. C’est le cas des foetus aux prises avec une restriction de croissance intra-utérine.

Cette situation est principalement liée à des facteurs de risque relatifs à la santé maternelle et se reflète chez l’enfant par un petit poids à la naissance. Parmi les troubles cognitifs pouvant en découler, une association particulièrement forte est observée du côté des troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité, que l’on appelle maintenant communément les TDAH.

Or malgré ce lien bien établi, ce ne sont pas tous les bébés nés avec un petit poids qui développeront par la suite un TDAH. Les spécialistes de cette question comme Sherif Karama suggèrent, pour expliquer cet état de fait, que le bagage génétique ainsi que l’environnement de la petite enfance moduleraient en quelque sorte l’impact qu’a le poids à la naissance sur le développement des circuits cérébraux attentionnels, fréquemment touchés chez les sujets souffrant de TDAH.

Pour arriver à établir ce lien, le docteur Karama travaillera avec un sous-échantillon montréalais de 250 enfants issus de la cohorte à risque appelée « Adversité maternelle, vulnérabilité et neurodéveloppement ». Cette cohorte a été créée en 2003 pour enquêter sur les effets qu’ont les conditions de début de vie sur le développement. L’une des stratégies du chercheur sera de réaliser, avec des enfants âgés de 6 à 13 ans, des examens d’imagerie par résonance magnétique qui lui permettront d’étudier le développement de la structure et du fonctionnement cérébral. Suivant son hypothèse, les effets dus à l’adversité du début de la vie seront plus apparents chez les enfants portant des gènes fréquemment associés à un risque plus grand de TDAH.