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Eat 5 servings of fruits and vegetables a day to be healthy? True. (French version only)

Les articles du Détecteur de rumeurs sont rédigés par des journalistes
scientifiques de l’Agence Science-Presse. Les Fonds de recherche du Québec et
le Bureau de coopération interuniversitaire sont partenaires du Détecteur de rumeurs.

Auteur : Agence Science Presse – Laurie Noreau

Le message est martelé depuis de nombreuses années : il faut manger au moins 5 portions de fruits et légumes chaque jour. D’où vient cette recommandation, et pourquoi 5, s’est demandé le Détecteur de rumeurs.

L’origine de la recommandation

Au début des années 2000, devant la hausse des cas de cancers et de maladies cardiovasculaires, les organismes de santé publique ont tenté de renverser la tendance en faisant la promotion d’une alimentation saine. Déjà, les preuves s’accumulaient comme quoi les fruits et les légumes diminuaient les risques de développer certaines maladies.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise ainsi depuis 2003 de consommer 400 g de fruits et de légumes quotidiennement. En le fractionnant, on arrive à cinq portions de 80 grammes : une façon de simplifier le message et de le retenir plus facilement.

Mais l’OMS n’avait rien inventé. De 1988 à 1991, la Californie avait organisé la campagne « Cinq par jour… pour une meilleure santé ! » afin d’augmenter la consommation de fruits et légumes des Américains — et améliorer leur santé. Dans les années qui ont suivi, presque tous les États des États-Unis ont adopté ce programme.

5 c’est bien, 10 c’est mieux ?

Toutefois, sachant que la recommandation se situe souvent entre 5 et 10 portions, il y a place à l’interprétation. Y a-t-il une quantité optimale ?

En 2014, des chercheurs chinois et américains ont analysé 16 études totalisant plus de 800 000 participants. Globalement, chaque portion de fruits ou de légumes supplémentaire réduisait la mortalité de 5%, toutes causes confondues. La même observation s’appliquait pour les maladies cardiovasculaires. Par exemple, à 2 portions quotidiennes, la diminution était de 10% et atteignait 25% à 5 portions. Les chercheurs notaient que la diminution semblait plafonner à 5 portions.

Une étude internationale est toutefois venue brouiller les cartes en 2017. Sur la base de l’analyse de 95 études étalées sur plusieurs décennies, sa conclusion était que 800 grammes de fruits et légumes seraient préférables, soit 10 portions par jour. La méta-analyse estimait que 7,8 millions de décès auraient pu être évités dans le monde chaque année si cette recommandation avait été suivie. En doublant sa consommation de 5 à 10 portions, une personne réduirait le risque de développer certaines maladies de 31% en moyenne, ce qui ne représente toutefois qu’un gain de 6% par rapport à 5 portions.

Un article paru dans la revue Circulation de l’American Heart Foundation l’an dernier, a ramené le balancier vers le chiffre de 5 : les bienfaits seraient négligeables au-dessus des 5 portions quotidiennes. Plus précisément, le bénéfice le plus important serait atteint avec 2 portions de fruits et 3 portions de légumes.

Il faut rappeler qu’à peine 30% des Canadiens et 10% des Américains réussissent à suivre cette recommandation. La hausser à 10 portions risquerait donc d’en décourager certains, à plus forte raison s’il s’avère que les gains ne sont pas énormes.

Deux bémols

Certains fruits et légumes sont préférables à d’autres. Les fruits en conserve seraient notamment à éviter puisqu’ils ont été associés à un risque plus élevé de mortalité, possiblement dû au sucre qu’ils contiennent. Les fruits et légumes frais sont donc à privilégier, qu’ils soient crus ou cuits. Le jus doit être exclu de ces portions quotidiennes, en raison du sucre ajouté qu’il contient.

Et il y a une dernière importante nuance à apporter à toutes ces études : globalement, ceux qui consomment le plus de fruits et de légumes sont souvent ceux qui ont de meilleures habitudes de vie. Ils sont plus actifs, ne fument pas et le contenu de leur assiette est généralement plus sain. Il est donc difficile d’attribuer uniquement la baisse de risque de maladies au brocoli, aux carottes et aux agrumes.