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Cryotherapy : cold treatment to lose weight ? Not Proved (French version only)

Les articles du Détecteur de rumeurs sont rédigés par des journalistes
scientifiques de l’Agence Science-Presse. Les Fonds de recherche du Québec et
le Bureau de coopération interuniversitaire sont partenaires du Détecteur de rumeurs.

Auteur : Agence Science Presse – Catherine Crépeau

L’humoriste Dominic Paquet a entrepris en janvier une cryothérapie pour perdre du poids, devant les caméras de l’émission de Julie Snyder. Mais sait-on vraiment si le fait de soumettre son corps à une température inférieure à -110°C fait maigrir ? Le Détecteur de rumeurs a vérifié.

L’origine de la rumeur

La cryothérapie consiste à exposer le corps à un froid extrême pendant environ trois minutes. La température de cet air, refroidi électriquement ou avec de l’azote liquide, est habituellement de -70 °C à -140 °C, et peut même descendre jusqu’à -160 °C. Confronté au froid, l’organisme consomme plus d’énergie. Il se met à produire de la chaleur en puisant dans ses ressources énergétiques et il pourrait —selon les promoteurs— brûler en moyenne 500 kcal par session de trois minutes.

Les séances ont lieu dans une chambre dont l’air est refroidi (corps entier) ou dans un caisson dont seule la tête dépasse (corps partiel).

Bénéfices incertains

S’il est exact que notre corps dépense plus d’énergie quand il est exposé au froid et que les muscles deviennent plus toniques, l’idée qu’il brûle 500 kcal par session de 3 minutes n’a jamais été prouvée. Aucune étude n’a démontré que la cryothérapie entraînait une variation de poids.

Certaines cliniques qui offrent la cryothérapie avancent qu’accompagnée d’un massage, elle pourrait raffermir la peau au point de lui faire perdre quelques centimètres de tour de hanches. Encore là, rien n’a été démontré scientifiquement. Santé Canada met d’ailleurs en garde contre la cryothérapie, précisant que les autres bienfaits allégués, comme la réduction de la douleur ou de la cellulite, n’ont pas été prouvés non plus.

Risques réels

Bien que le corps puisse supporter un froid extrême pendant quelques minutes, à la condition que l’air soit froid, sec et qu’il n’y ait pas de vent, la cryothérapie n’est pas sans danger. En 2015, une employée de 24 ans d’un centre de cryothérapie est morte dans un spa de Las Vegas. En France, plusieurs accidents sont rapportés, dont celui d’un homme aux pieds brûlés en raison d’une fuite d’azote liquide.

Un rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), publié en 2019, pointe des problèmes de sécurité et des effets secondaires tels que brûlures locales aux 1er et 2e degrés, maux de tête, urticaire chronique au froid et intolérances digestives. L’Institut français conclut à l’importance de faire le point sur les effets thérapeutiques de la cryothérapie avec des études méthodologique-ment fiables.

C’est également la raison pour laquelle Santé Canada déconseille la pratique : l’utilisation « d’un appareil de cryothérapie, lit-on sur son site, qu’il soit homologué ou non, peut mettre votre santé et votre sécurité en danger ». Les risques vont des gelures à la mort de tissus, en passant par les problèmes de cœur, de circulation sanguine ou neurologiques. « Si l’appareil fait défaut, cela pourrait entraîner la suffocation ou aggraver » ces problèmes. Santé Canada précise ne pas avoir « confirmé les allégations » au sujet des appareils « parce qu’aucune demande d’homologation n’a été soumise et que les données scientifiques n’ont pas été validées ».

Verdict

Bien que l’idée de maigrir par le froid soit séduisante, la cryothérapie a peu de chances de faire disparaître votre culotte de cheval. Elle pourrait cependant avoir certains effets bénéfiques, notamment sur la douleur chronique et les rhumatismes. Le Détecteur de rumeurs y revient dans un prochain article.

Ne pas confondre cryothérapie avec cryogénisation, qui consiste à congeler le corps après la mort. Le sang est alors retiré du corps et remplacé par un cryoprotecteur pour empêcher la cristallisation des vaisseaux, en vue d’un éventuel réveil.

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