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Research report

Regard sur l’écosystème éducatif autochtone

On estime à environ 92 000 le nombre de personnes des Premières Nations et du Peuple Inuit (PN-PI) qui résidaient dans les villes québécoises en 2021.

Selon cette estimation, le réseau scolaire québécois accueillerait approximativement de 13 000 à 14 000 enfants et jeunes PN-PI, soit grosso modo la moitié du total provincial des groupes d’âge de 4 ans à 16 ans.
• La présence autochtone au sein du réseau n’est pas une manifestation passagère ou ponctuelle; elle constitue un écosystème éducatif en lui-même, un ensemble organique et dynamique ancré à la fois dans l’histoire et la modernité et mettant en cause plusieurs acteur.trice.s de divers horizons éducatifs et institutionnels, à la fois autochtones et québécois.e.s.
• À l’instar des populations autochtones elles-mêmes dont les formules de mobilité et d’hypermobilité sont connues, les trajectoires des jeunes au sein du réseau scolaire présentent une grande variation et une grande diversité.
• Les manifestations de collaboration entre des instances autochtones œuvrant en milieu urbain et des écoles du réseau québécois sont en hausse ces dernières années. C’est le cas notamment des centres d’amitié membres du Regroupement des Centres d’amitié autochtones du Québec.
• Des exemples de collaboration entre écoles québécoises et écoles autochtones ont donné lieu à la production de matériel pédagogique inédit. Ce type de collaboration comporte des retombées pour les deux systèmes éducatifs (autochtone et québécois) et repose sur une mutualisation des apprentissages.
• Les liens entre les autorités scolaires et les parents et grands-parents autochtones qui résident dans les villes sont encore loin de porter leurs fruits. Pourtant, le soutien des parents dans le cheminement scolaire des enfants est reconnu comme un des facteurs de réussite, autant en milieu autochtone qu’en milieu québécois. La confiance des parents autochtones envers l’école demeure fragile et fluctuante.
• Une mutualisation des apprentissages de la part du personnel scolaire pourrait contribuer à l’avènement d’un projet éducatif autochtone au sein du réseau et mener à la conception d’un plan d’action partagé.
• Le mouvement actuel de résurgence culturelle autochtone propose un éclairage novateur en matière d’éducation et de pédagogie autochtones dont pourrait bénéficier favorablement le réseau scolaire québécois.

Chercheur principal : Carole Lévesque, Institut national de la recherche scientifique

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