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Les priorités de 2018

Mes meilleurs vœux à tous et à toutes! Je vous souhaite une année 2018 remplie de bonheur, de santé et de résultats de recherche inattendus et des plus excitants. Que cette année fasse place à l’audace et à de nouvelles collaborations qui vous permettront de franchir des frontières insoupçonnées dans vos projets de recherche et de formation.

Tout d’abord, j’aimerais souligner le décès du Dr Jacques Genest le 5 janvier dernier. Nous offrons nos sincères condoléances à toute la famille. Le Dr Genest s’est révélé un géant de la recherche médicale au Québec et dans le monde. Il fut un des grands leaders internationaux dans le domaine de l’hypertension, avec plusieurs publications et livres qui sont aujourd’hui des classiques toujours d’actualité. Dans les années soixante, il a créé, avec l’appui du gouvernement d’alors, le Conseil de recherches médicales du Québec, l’ancêtre du FRQS. Il a de plus fondé l’Institut de recherches cliniques de Montréal, qui a célébré son cinquantenaire en 2017. Le Dr Genest a toujours eu un intérêt particulier pour la formation de la relève en recherche, en particulier en recherche clinique et dans le milieu francophone. Les Fonds de recherche du Québec (FRQ) sont désireux d’assurer la reconnaissance à long terme de ses multiples contributions. À cet égard, nous attendons vos commentaires et suggestions.

Planification stratégique et mission en Chine

L’année 2017 fut marquante pour les FRQ avec le lancement de la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation (SQRI) par le gouvernement du Québec. Des augmentations de budget substantielles (et bienvenues!) nous ont été accordées pour les cinq prochaines années. Nos trois conseils d’administration avaient d’ailleurs déjà approuvé en juin 2017 l’utilisation d’une partie importante de ces nouveaux crédits pour bonifier nos programmes de bourses de formation (montant par bourse, durée du financement, flexibilité accrue des conditions d’admissibilité, etc.). Ces sommes nous ont aussi permis de lancer le programme AUDACE et d’annuler les manques à gagner dans certains de nos programmes (regroupements stratégiques; centres et instituts). L’année 2018 devrait nous conduire à consolider nos programmes et à augmenter notre offre de financement en lien avec les grands défis de société (changement démographique et vieillissement de la population; développement durable et changements climatiques; créativité et entrepreneuriat) et la recherche intersectorielle (voir la SQRI pour plus d’information).

Nous mettons la dernière main actuellement à nos plans stratégiques 2018-2022, qui devraient être soumis pour approbation au gouvernement du Québec d’ici la fin avril. Vous avez été nombreux, au sein de la communauté de la recherche, à nous transmettre des commentaires et suggestions lors des consultations des six derniers mois, mais aussi au sein de ministères et, pour une première fois, de la société civile. Vos remarques ont fait l’objet de multiples discussions lors des trois dernières séances de nos conseils d’administration. Les versions finales des plans incluront plusieurs de vos suggestions, tout en s’assurant que nos programmes phares sur la formation et les infrastructures de recherche de type centres et instituts, regroupements et réseaux seront maintenus, et possiblement bonifiés. Un certain accent sera aussi mis sur les collaborations et partenariats interinstitutions et interordres, de même que sur les collaborations nationales et internationales. Des mesures seront mises en place pour assurer l’équité et la diversité dans nos divers programmes. Nous développerons de nouveaux programmes de formation sur l’éthique et la conduite responsable en recherche tout en poursuivant nos activités dans le domaine du libre accès aux résultats de recherche et aux grandes bases de données. Enfin, nous désirons valoriser encore davantage la recherche auprès de la société civile; à cet égard, l’utilisation du numérique et des réseaux sociaux facilite certainement le développement d’approches novatrices.

Par ailleurs, je devrais participer à un certain nombre de missions gouvernementales en 2018. La première aura lieu en Chine d’ici quelques jours et sera présidée par le premier ministre du Québec. Nous en profiterons pour signer une nouvelle entente de collaboration entre la National Natural Science Foundation of China (NSFC) et les trois Fonds; notre partenariat avec la NSFC date déjà du milieu des années 90 dans le cas du FRQS. Des missions récentes à Boston, New York et Rome devraient aussi donner des résultats concrets d’ici peu, et ce, pour les trois Fonds. À suivre!

Sur la scène fédérale

Je voudrais souligner ici les nominations récentes des professeures Mona Nemer et Molly Shoichet à titre de conseillères en chef des gouvernements canadien et ontarien, respectivement. Bien que leurs mandats soient assez différents du mien, je les connais toutes les deux depuis plusieurs années et c’est avec plaisir que je collaborerai avec elles au développement et à la valorisation de la recherche et de la science au Canada. D’ailleurs, nous partagerons une tribune lors d’un événement organisé par l’Université d’Ottawa à la fin du mois. Enfin, j’espère que le gouvernement fédéral augmentera significativement les budgets des trois conseils subventionnaires et de la FCI dans son prochain budget. Le gouvernement du Québec a fait un bon bout de chemin en adoptant la SQRI. Il est maintenant impératif que le gouvernement fédéral en fasse au moins autant.

En terminant, en lien avec une lettre signée par plus d’une centaine de chercheuses et chercheurs en sciences sociales et humaines, parue dans La Presse (15 janvier 2018), je ne peux que déplorer les propos haineux dont font l’objet les membres de la communauté scientifique, quel que soit le secteur de recherche, qui s’expriment dans la sphère publique. La recherche nous aide à mieux comprendre notre monde et à trouver des solutions à des problèmes concrets, à relever les défis de notre société. Dans cette optique, les FRQ encouragent la communauté scientifique à diffuser auprès du grand public, à échanger et interagir avec leurs concitoyens. C’est dans notre intérêt à nous tous comme société.

Rémi Quirion