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Rapports de recherche

Prévenir et réduire la précarité énergétique

« Qu’est-ce que je couperais [pour payer les factures d’électricité]? C’est toujours le jeu que j’ai en ce moment. C’est la nourriture, les médicaments. » 

Cette affirmation, partagée par une participante de l’étude PRISE, illustre les répercussions de la précarité énergétique au quotidien. La précarité énergétique survient lorsqu’un ménage n’a pas les moyens ou l’accès à des services énergétiques résidentiels adéquats (par exemple chauffage, climatisation, éclairage, utilisation d’appareils ménagers, etc.) pour maintenir une température ambiante confortable, répondre à ses besoins et vivre dignement. Entre 9 % et 16 % des ménages au Québec (soit entre 750 000 et 1 300 000 personnes) font face à la précarité énergétique. Bien qu’inférieures à celles observées ailleurs au Canada, ces proportions sont comparables à celles d’autres pays, tels que la France, la Belgique et l’Angleterre, qui reconnaissent officiellement la précarité énergétique et qui font de sa lutte une priorité politique.

PRISE est la première étude à documenter la précarité énergétique au Québec. Les résultats révèlent des différences dans la distribution de la précarité énergétique selon les groupes d’âge, le statut socioéconomique, la composition du ménage, les conditions et le mode d’occupation du logement, et les milieux de vie – illustrant des vulnérabilités sociales et spatiales. Ils démontrent également que faire face à la précarité énergétique porte atteinte à la santé physique, à la santé mentale, et à la réponse aux besoins de base. En mettant en évidence que la précarité énergétique constitue un réel problème au Québec malgré des coûts d’électricité avantageux, l’abordabilité et les conditions des logements ainsi que les revenus des ménages apparaissent comme des facteurs importants qui influencent la précarité énergétique dans notre contexte provincial. Un des leviers pour réduire la précarité énergétique repose sur l’amélioration de l’efficacité énergétique des logements. Or, en ciblant davantage les propriétaires, les initiatives mises en place jusqu’à présent tendent à exclure les locataires et les ménages à revenu modeste de possibilités réelles d’améliorer leur situation et pourraient ainsi contribuer à accroître les inégalités. La mise en œuvre d’une transition énergétique et climatique juste et équitable requiert l’intégration explicite de la lutte contre la précarité énergétique au sein de l’agenda social et politique.

Chercheuse principale : Mylène Riva, Université McGill

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