Et si une des clés pour comprendre le comportement d’une personne se cachait dans la myéline ? Enroulée autour des fibres nerveuses du cerveau, cette fine gaine lipidique agit comme un isolant électrique qui permet une conduction rapide et précise des influx nerveux entre différentes régions cérébrales. Christine Tardif, chercheuse à l’Université McGill, s’intéresse à la plasticité de la myéline et à son impact sur la dynamique des réseaux cérébraux. Son hypothèse est que de simples variations dans la myélinisation de certains faisceaux de substance blanche pourraient moduler la façon dont l’information circule dans le cerveau et ainsi, influencer son fonctionnement, comme dans plusieurs troubles neurologiques et psychiatriques, dont l’autisme.
Pour explorer cette piste, son laboratoire de recherche [https://www.tardiflab.com/] a développé des techniques d’imagerie par résonance magnétique quantitative à la fine pointe. Grâce à des appareils à champ magnétique élevé (3 et 7 teslas), dont un, unique au Québec, qui se trouve au Centre d’imagerie cérébrale McConnell de l’Institut de neurologie de Montréal (le « Neuro »), Dre Tardif et son équipe ont obtenu des cartes détaillées et quantitatives de la myéline, in vivo et de manière non invasive. Ces avancées technologiques permettent de composer avec la très grande complexité de la matière cervicale et de distinguer avec précision la myélinisation des fibres nerveuses qui se croisent, établissant des liens entre leur myélinisation et leur connectivité fonctionnelle. Les premiers résultats montrent que la myéline joue un rôle clé dans la synchronisation des réseaux cérébraux, en modulant la vitesse de propagation des signaux. L’équipe a observé également des profils de myélinisation atypiques chez des personnes porteuses d’une mutation génétique associée à un risque accru d’être atteint du trouble du spectre de l’autisme.
Encore au stade fondamental, cette recherche jette les bases d’une meilleure compréhension des différences cérébrales observées dans certaines populations. Les prochaines étapes viseront à valider les modèles établis chez des cohortes cliniques plus larges et à mieux comprendre comment des variations de myéline contribuent aux différences de connectivité et, ultimement, de comportement. À terme, ces connaissances pourraient orienter le développement de nouvelles approches thérapeutiques dans des domaines où les options sont limitées à l’heure actuelle.
Références
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2. Nelson, M. C., Lu, W. D., Leppert, I. R., Hansen, H. A., Rowley, C. D., Misic, B., et Tardif, C. L. (sous presse). The role of white matter myelin in structural-functional network coupling. Communications Biology. doi: 10.1038/s42003-026-09813-6. PMID: 41896361
3. Lu, W. D., Martin, C. O., Jizi, K., Nelson, M. C., Jacquemont, S., et Tardif, C. L. (2025). Alterations in white matter tract myelination in carriers of copy number variations at the 16p11.2 locus. Article présenté lors de la réunion annuelle de l’International Society for Magnetic Resonance in Medicine (ISMRM), Honolulu.



