La crédibilité et la robustesse de ces évaluations deviennent un enjeu crucial pour l’action publique. Plusieurs groupes de pressions, de réflexion et acteurs sceptiques remettent en question la solidité des méthodes EIECC, actuellement utilisées, alimentant un climat de méfiance et fragilisant l’appui aux politiques climatiques. Cette situation souligne la nécessité de renforcer la qualité scientifique des EIECC produites au Québec.
La présente synthèse de connaissances, réalisée dans le cadre d’un partenariat entre les milieux de la recherche et le gouvernement du Québec, vise précisément à faire le point sur les méthodes EIECC utilisées au Québec et dans des juridictions comparables. Elle s’appuie sur le couplage de la littérature scientifique évaluée par les pairs, et les études réalisées ou financées par le gouvernement, pour identifier les forces, les faiblesses et les meilleures pratiques recensées.
L’objectif est d’offrir une vision claire, critique et opérationnelle des approches existantes, en mettant en évidence leurs avantages, leurs limites et les pistes d’amélioration. Après une année de travaux, la synthèse met en lumière une diversité de méthodes et d’approches qui ne sont pas toujours homogènes. Cette hétérogénéité conduit parfois à des résultats divergents, compromettant la comparabilité et la crédibilité des évaluations. Le rapport identifie 4 familles (clusters) d’études différenciées, à partir de 69 études réalisées entre 2005 et 2025. Il identifie une vingtaine de constats et de recommandations visant à systématiser et professionnaliser la conduite des analyses. Les recommandations phares s’organisent autour de deux axes principaux.
1er axe : la SYSTÉMATISATION. Il s’agit de baliser clairement les étapes et le contenu des EIECC, afin d’harmoniser les procédures, de préciser les tests de fiabilité attendus, et de définir les indicateurs à documenter, notamment la valeur actualisée nette, les ratios bénéfice-coût et les mesures d’amélioration du bien-être. Cette standardisation vise à assurer la transparence, la comparabilité et la rigueur scientifique des études. Les financements au mérite sont à systématiser.
2e axe : le RENFORCEMENT des capacités. Le rapport recommande aussi le développement de formations et un encadrement méthodologique aux évaluateurs des ministères, organismes gouvernementaux et parapublics du Québec. Des guides, modules et outils pratiques devraient être mis à leur disposition afin de soutenir la production d’analyses plus robustes et plus cohérentes avec les standards scientifiques. Le partenariat chercheur-e-s et gouvernement constitue une condition de succès.
Chercheur principal
Moktar Lamari, École nationale d’administration publique
Titre original : Synthèse des connaissances des méthodes d’évaluation économique des impacts des changements climatiques au Québec et dans des juridictions similaires



