La forêt boréale joue un rôle important dans le cycle du carbone. Pourtant, on comprend encore mal la réaction [LL1.1]des espèces au stress causé par les changements climatiques. La question est primordiale, car ces milieux, qui absorbent normalement une partie du CO2 émis par l’homme, pourraient ne plus pouvoir jouer leur rôle en raison de conditions plus chaudes et plus sèches.
Ce sujet est au cœur des recherches d’Alexandre Roy, professeur au Département des sciences de l’environnement de l’Université du Québec à Trois-Rivières, qui utilise la télédétection et les satellites pour suivre les changements climatiques dans les régions nordiques et comprendre l’interaction entre la végétation, le sol et la neige. À l’aide de trois instruments différents, lui et son équipe ont pu mesurer l’hydraulique des arbres, c’est-à-dire le complexe système de circulation de l’eau, des racines jusqu’aux feuilles. L’utilisation de différentes sondes leur a permis d’observer non seulement le flux de l’eau à l’intérieur des troncs, mais aussi son stockage.
Ces travaux ont été menés sur trois sites représentatifs des écozones forestières canadiennes – le campus de l’Université Sherbrooke, le Nord de la Saskatchewan et la forêt Montmorency – et se sont concentrés sur trois espèces en particulier : l’épinette noire, le sapin baumier et le pin rouge. Une partie de la recherche a été réalisée en collaboration avec le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec et Ressources naturelles Canada, qui souhaitent mieux comprendre les effets de ces changements sur la production forestière.
Ainsi, chacune des espèces réagit différemment aux bouleversements climatiques, mais la réaction était aussi variable selon la région. Dans l’Est canadien, la hausse des températures est compensée en partie par l’augmentation des précipitations, ce qui est [LL2.1]moins le cas dans l’Ouest du pays. L’équipe a toutefois constaté que certains arbres offrent une meilleure résistance au stress hydrique.
Le chercheur espère maintenant pouvoir utiliser des données satellites pour mesurer le contenu en eau des arbres dans l’ensemble du Canada, ce qui permettrait notamment d’assurer un meilleur suivi des combustibles susceptibles d’alimenter les incendies [LL3.1]de forêt.



