Cette recherche visait à concevoir et à évaluer des stratégies de révision-correction numérique. À cette fin, sept stratégies de révision-correction numérique ont été développées et mises à l’essai, dans quatre écoles. Avant tout enseignement spécifique, les élèves commettaient en moyenne entre 13 et 16 erreurs tous les 100 mots, près de 80 % de celles-ci relevant d’un nombre restreint de difficultés. Cependant, dès l’introduction des stratégies et des outils, la qualité linguistique des textes s’améliore de façon significative. Les textes faisant l’objet d’une révision-correction numérique comportent systématiquement moins d’erreurs, sauf sur le plan de la syntaxe. Pour mieux comprendre les pratiques des élèves, l’activité à l’écran de 33 élèves a été captée, puis analysée.
Cette étude montre que l’accès aux outils numériques ne suffit pas à ce qu’ils soient utilisés spontanément de façon efficace. En effet, les pratiques spontanées de révision-correction sont très inégales : quelques élèves exploitent activement les ressources numériques, mais la majorité s’appuie surtout sur des corrections automatiques, sans stratégie claire. Le numérique ne fait donc pas la compétence : les gestes clés de la révision — interpréter une rétroaction, vérifier une correction, décider de réécrire — doivent être enseignés explicitement.
La principale piste d’action consiste à définir un cadre réaliste pour l’écriture numérique à l’école : assurer les conditions matérielles minimales, clarifier les attentes en matière de révision-correction numérique et concentrer l’enseignement sur les faits de langue causant le plus de difficultés aux élèves. Ces conditions réunies pourraient permettre de mieux tirer parti des possibilités du numérique pour développer la compétence à écrire des élèves l’utilisant.
Chercheur principal : Pascal Grégoire, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue



