De nombreuses femmes de lettres n’apparaissent que très peu, voire pas du tout, dans les ouvrages sur la littérature. Une base de données créée par l’équipe de Mélinda Caron, chercheuse en langue et littérature française à l’Université TÉLUQ, contribuera à leur redonner la place qui leur revient. Elle pourrait aussi aider à comprendre pourquoi ces femmes ont été reléguées aux oubliettes de l’histoire littéraire.
La base de données recense 48 ouvrages d’histoire littéraire consacrés spécifiquement aux femmes de lettres. Ceux-ci couvent une vaste période, qui s’étend de la fondation de l’Académie française en 1634, jusqu’à l’institutionnalisation de la recherche sur les femmes et leur littérature dans les universités à partir des années 1960.
Les articles présentés dans ces ouvrages montrent diverses caractéristiques. Certains parlent très peu des femmes de lettres elles-mêmes, se rabattant plutôt sur de larges extraits de leurs œuvres. Ils émettent tous une série de lieux communs sur la littérature féminine, qui peuvent prendre la forme d’éloges, de reproches ou de commentaires sur leurs relations avec les hommes de leur entourage.
La base de données comprend 1068 noms de femmes de lettres françaises ou ayant écrit en français et vécu en France. À lui seul, ce chiffre est sidérant, puisqu’il dépasse de très loin le nombre de femmes de lettres qui étaient connues à la fin du 20e siècle. Cela montre bien qu’une énorme quantité d’écrivaines étaient tombées dans l’oubli.
Les femmes de lettres ont chacune leur propre fiche. On peut donc aisément les retracer au travers des 48 ouvrages recensés, ce qui facilitera grandement de futures recherches à leur sujet. Actuellement, la base de données est hébergée sur la plateforme Heurist. Éventuellement, elle pourrait devenir disponible pour l’ensemble de la communauté scientifique et du public.



