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Une année de transition budgétaire

2015 est déjà bien entamée. Sur le plan budgétaire, l’année 2015-2016 en sera une de transition dans le contexte de l’atteinte de l’équilibre budgétaire visée par le gouvernement. Malgré tout, plusieurs projets importants associés aux Fonds de recherche du Québec (FRQ) ont été récemment annoncés ou sont en voie de réalisation un peu partout au Québec.

Parmi ceux-ci, mentionnons que le premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard, a annoncé la nomination de M. Paul Shrivastava, un chercheur de l’Université Concordia, à titre de directeur exécutif mondial de Future Earth, lors d’une conférence de presse tenue le 13 février dernier et à laquelle ont notamment participé trois ministres et le maire de la ville de Montréal. Celle-ci accueillera non seulement un des cinq pôles du secrétariat distribué de ce nouvel organisme international dédié au financement de la recherche dans le domaine des changements climatiques et du développement durable (y compris les villes vertes et la biodiversité), mais aussi son siège social. Une occasion unique pour tous nos chercheurs d’influencer le développement de grands projets internationaux dans un domaine prioritaire pour le Québec et d’y participer très activement. Montréal International, toutes les universités montréalaises, mon équipe et moi-même avons travaillé d’arrache-pied pour attirer Future Earth à Montréal. Nous sommes fiers du succès obtenu, mais ce n’est qu’un début. Il faudra maintenant nous assurer que cette initiative inclut tous les chercheurs et partenaires intéressés par les problématiques de recherche et d’innovation soutenues par Future Earth, de façon que le Québec soit reconnu comme un leader mondial dans le domaine.

La recherche nordique

La ville de Québec n’est pas en reste, loin de là! En effet, deux importantes rencontres sur le Nord ont eu lieu dans la capitale à la fin de février. La première, la Journée de la recherche du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (FRQNT), s’est tenue le 24 février à l’Université Laval. Ce rendez-vous annuel de la communauté de la recherche en sciences naturelles et génie avait pour thème La recherche nordique : un regard québécois, une portée internationale. Des chercheurs québécois et internationaux sont venus présenter les résultats de leurs travaux dans des domaines aussi variés que la géothermie, la restauration minière, la biodiversité et l’agriculture en contexte nordique. Le président de la République d’Islande, M. Ólafur Ragnar Grímsson, qui est aussi l’initiateur de Arctic Circle, a participé à certaines des discussions. La journée s’est terminée par la remise du Prix d’excellence 2015 du FRQNT à Mme Isabelle Peretz, professeure-chercheuse au Département de psychologie de l’Université de Montréal et spécialiste de la neurocognition de la musique. L’ex-ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science, M. Yves Bolduc, a donné une brève allocution en guise de clôture de la journée. Par la suite, le recteur de l’Université Laval, M. Denis Brière, a remis un doctorat honorifique à M. Grímsson. Cette riche journée a clairement démontré l’excellence des équipes du Québec en recherche nordique.

La seconde rencontre d’importance fut le Symposium international sur le développement nordique, qui s’est tenu à Québec du 25 au 27 février. Coprésidé par le gouvernement du Québec et le Conseil nordique des ministres, ce symposium visait à partager des connaissances, des expériences et une vision du développement nordique durable. Plus de 300 participants y ont présenté leurs plus récents résultats, entre autres sur l’impact des changements climatiques sur les populations du Nord, l’exploration minière et le développement durable, et la culture des peuples du Nord. Une fois de plus, le leadership du Québec et du Canada a bien été reconnu. La venue de Future Earth à Montréal devrait permettre d’accentuer encore davantage la visibilité et l’impact de nos chercheurs dans ce domaine d’intérêt mondial qui est critique pour la survie de notre planète.

Les sciences de la vie

Dans un autre domaine, l’Alliance santé Québec a tenu un grand forum des partenaires en décembre dernier, se positionnant avantageusement dans le contexte des grandes réformes introduites par l’adoption du projet de loi 10, qui modifie l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux notamment par l’abolition des agences régionales, et le projet de loi 20, qui édicte la Loi favorisant l’accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en matière de procréation assistée. Nous suivrons l’évolution de ces dossiers avec le plus grand intérêt.

Toujours dans le secteur de la santé et des sciences de la vie, plusieurs bonnes nouvelles ont été communiquées au cours des derniers mois. Mentionnons, à titre d’exemple, le lancement d’une initiative sur la recherche clinique précoce, pilotée par Montréal InVivo, ainsi que l’inauguration de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill.

Finalement, j’ai participé à une table ronde sur L’avenir de la mission universitaire à l’Université du Québec à Chicoutimi, le 19 février dernier. Nous avons eu des discussions des plus intéressantes sur la formation de la relève, la reconnaissance de diverses disciplines et l’intersectorialité en recherche. De beaux défis en perspective!

Activités à venir

Le 2 avril se tiendra à Sherbrooke un symposium sur l’entrepreneuriat, les PME et la créativité, organisé conjointement par les universités de Sherbrooke et Bishop’s et le Fonds de recherche du Québec – Société et culture. L’objectif de cette rencontre est d’identifier des besoins de recherche dans ce domaine, en lien avec les priorités du gouvernement, et ce, en vue de lancer éventuellement des appels de propositions à la communauté de la recherche sur cette thématique prioritaire. La visée d’un futur programme de recherche est de stimuler et mettre en place les conditions favorables à l’entrepreneuriat, et à rendre les PME encore plus innovantes, créatives et performantes. Plus d’une centaine d’intervenants issus de différents domaines et milieux – des chercheurs, des entrepreneurs, des gens d’affaires, des représentants de sociétés de valorisation et des milieux financiers, de centres d’entrepreneuriat universitaire et de ministères seront réunis pour partager leurs connaissances sur la dynamique de la créativité en entreprise et les facteurs la favorisant. Vos commentaires et suggestions seraient appréciés.

Par ailleurs, les FRQ organisent à la fin avril un petit déjeuner d’information à l’Assemblée nationale du Québec à l’intention de nos élus. Notre but est de mieux faire connaître la recherche soutenue par les Fonds, avec un accent sur la relève. Nous avons aussi très hâte de vous retrouver à l’Université du Québec à Rimouski dans le cadre du prochain congrès de l’Acfas. La journée des Fonds prendra la forme d’un dîner-débat, le mercredi 27 mai, qui aura pour thème La recherche universitaire et collégiale, un atout pour le développement du Bas-Saint-Laurent. On vous y attend tous.

Sur un autre front, nous nous penchons actuellement sur les budgets des trois Fonds. Comme mentionné plus haut, l’année 2015-2016 en sera une de transition, avec peu d’espoir d’augmentation des ressources financières. Je me concentre donc déjà sur les budgets 2016-2017 avec l’espoir bien réel d’augmentation des budgets de base des trois Fonds et de sommes consacrées à la recherche sur les grands défis de société. Le succès à cet égard n’est pas garanti, loin de là, mais avec votre soutien et l’appui de la communauté, je demeure assez optimiste. J’apprécierais vos commentaires et vos suggestions quant à la suite des choses sur ce plan.

Enfin, un sujet qui me préoccupe beaucoup, et qui préoccupe mes collègues directeurs scientifiques, est le lien entre la science et la société. Il est très malheureux de constater que des résultats scientifiques très solides sont ignorés par une certaine fraction de notre population, que ce soit par rapport à la vaccination contre la rougeole ou aux changements climatiques. Des éditoriaux récents d’Alain Dubuc dans le journal La Presse (Le mépris de la science) ou d’Alan Leshner dans la revue Science (Bridging the opinion gap) aux États-Unis sont très éloquents à cet égard. La promotion de la recherche et de la science demande l’engagement de tous, et à tous les paliers, des élus aux chambres de commerce et des écoles primaires aux clubs Rotary et endroits de culte. Nous réfléchissons à une stratégie, possiblement en partenariat avec nos universités, pour mieux communiquer l’importance et la pertinence de la recherche et de la science auprès de milieux non initiés. Ici aussi, j’apprécierais vos commentaires et suggestions… et surtout une possible implication!

En terminant, je suis heureux d’apprendre la nomination de M. François Blais au poste de ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. M. Blais a une très bonne connaissance du réseau universitaire québécois, de la recherche et des Fonds de recherche du Québec. À titre de conseiller du nouveau ministre, j’entrevois nos relations des plus stimulantes et constructives pour l’avenir.

Au nom des membres de conseil d’administration des FRQ et en mon nom personnel, je tiens à remercier M. Yves Bolduc pour son excellent travail à titre de ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science. Tout au long de son mandat, il a manifesté un soutien indéfectible de la recherche et des Fonds de recherche du Québec, et nos collaborations ont été des plus fructueuses. Il a toujours cru à l’importance de la recherche publique dans une société du savoir comme le Québec, et au rôle stratégique des Fonds dans le développement de la recherche au Québec. Je lui souhaite la meilleure des chances dans son retour à la vie privée.

Sur ce, bonne fin d’hiver!

Rémi Quirion, O.C., C.Q., Ph. D., m.s.r.c.


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