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Une deuxième vie pour les plumes de poulets

Les fermes du Québec génèrent chaque année 75 millions de tonnes de plumes de poulets! Une partie est réduite en farine et ajoutée à la nourriture animale, mais le reste finit souvent dans les poubelles. Marie-Josée Dumont, professeure au Département de génie des bioressources à l’Université McGill, ne pouvait imaginer laisser une telle ressource gratuite et disponible en aussi grande quantité finir sa vie aux ordures.

Les fermes du Québec génèrent chaque année 75 millions de tonnes de plumes de poulets!

Sachant que les plumes de poulets sont composées à 98 % de kératine – une protéine insoluble dans l’eau – et que les protéines sont un élément clé pour créer des matériaux absorbants, la chercheuse et deux de ses étudiants ont décidé de les exploiter pour synthétiser des gels super absorbants et de sources biologiques. Pour ce faire, ils ont modifié la structure de la kératine pour qu’elle absorbe certains fluides, comme des huiles ou du diésel. Résultats : en laboratoire, leurs gels à base de kératine modifiée présentent une plus grande capacité d’absorption des huiles que les polypropylènes issus de la pétrochimie. La chercheuse et son équipe cherchent maintenant à augmenter la performance de ces gels afin de les utiliser à grande échelle. Parmi les utilisations possibles : retenir l’eau dans les terres agricoles ou fixer les métaux lourds retrouvés dans le sol ou dans les cours d’eau.

La professeure Dumont a utilisé la même approche pour valoriser un autre sous-produit : la zéine, issue de la production d’huile végétale. La structure de cette protéine a été modifiée par hydrolyse afin qu’elle puisse retenir le cuivre, un métal lourd retrouvé dans la chaîne alimentaire. Les premiers essais montrent que des gels à base de zéine sont comparables aux versions chimiques. La chercheuse entrevoit une application dans les stations d’épuration des eaux, notamment. Comme quoi rien ne devrait se perdre…