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Les sciences économiques contre la résistance bactérienne aux antibiotiques

Les sciences économiques peuvent-elles nous aider à comprendre la résistance bactérienne aux antibiotiques, voire contribuer à la combattre ?

La demande des médecins et des patients pour un médicament est liée à la qualité de ce dernier.

Chercheur en économie à l’Université Laval, Markus Herrmann travaille à créer un lien entre les sciences de la santé et les sciences économiques. Dans ses recherches, il utilise des modèles mathématiques et économiques pour observer des sujets généralement réservés aux sciences de la santé, comme la résistance bactérienne aux antibiotiques et le comportement des manufacturiers et des utilisateurs de médicaments.

Il a observé les facteurs qui influent sur l’offre et la demande d’antibiotiques, afin d’élaborer un modèle qui prend en compte le comportement des médecins et des patients. Il a notamment constaté que la demande des médecins et des patients pour un médicament est liée à la qualité de ce dernier. Ainsi, un médicament qui perd en efficacité sera moins souvent prescrit et sera éventuellement remplacé par d’autres antibiotiques.

Ces résultats amènent le chercheur à considérer les médicaments comme une ressource bioéconomique, un peu comme les ressources naturelles. Comme il devient plus difficile de créer de nouveaux antibiotiques, il faut gérer intelligemment le portfolio d’antibiotiques existant, pour contrer la menace que présente la résistance bactérienne. On pourrait même songer éventuellement à appliquer aux antibiotiques des outils économiques comme les taxes, les subventions ou les crédits d’impôt. Une telle mesure pourrait avoir un impact sur l’offre et la demande de ces produits, et pourrait donc aider à gérer intelligemment leur utilisation.

Les résultats de ces travaux ont notamment fait l’objet d’un article dans la revue scientifique Resource and Energy Economics, ainsi que d’un second, à paraître, dans Health Economics.