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Santé mentale, habitudes de vie et survie au cancer

Malgré des traitements de plus en plus efficaces, 50 % des personnes atteintes d’un cancer colorectal restent à haut risque de mortalité 5 à 10 ans après le diagnostic. Est-ce que l’anxiété et la dépression diminueraient la longévité ?, s’est souvent fait demander, en clinique, Claudia Trudel-Fitzgerald, chercheuse à l’École de santé publique de l’Université Harvard et psychologue à l’Ordre des psychologues du Québec. Une question pertinente, sachant que les gens souffrant de cancer sont de deux à quatre fois plus à risque de présenter des troubles anxieux ou dépressifs, symptômes qui sont généralement associés à un mode de vie défavorable – inactivité physique, mauvaise alimentation, consommation d’alcool, tabagisme. Rares, toutefois, sont les études qui investiguent rigoureusement cette question.

La psychologue explique que les personnes atteintes de cancer qui sont anxieuses ou dépressives peuvent adopter une hygiène de vie défavorable.

Durant son postdoctorat, la chercheuse a donc étudié 20 ans de données épidémiologiques récoltées auprès d’environ 400 adultes souffrant d’un cancer colorectal, l’un des cancers les plus diagnostiqués. Elle a d’abord vérifié si l’anxiété et la dépression vécues dans les quatre ans suivant le diagnostic étaient associées à un type de mode de vie futur chez les femmes. Et c’est le cas : plus ces symptômes psychologiques étaient élevés, plus les patientes avaient de mauvaises habitudes, jusqu’à 10 ans plus tard. Claudia Trudel-Fitzgerald a ensuite observé que, comparativement aux hommes et aux femmes rapportant de faibles symptômes, les adultes ayant des symptômes anxieux ou dépressifs élevés avaient entre 10 et 20 % plus de risque de mortalité précoce.

La psychologue explique que les personnes atteintes de cancer qui sont anxieuses ou dépressives peuvent adopter une hygiène de vie défavorable ou négliger certaines recommandations médicales, ce qui diminuerait les chances de survie. Elle souligne l’importance pour la santé publique que les professionnels et professionnelles de la santé prennent en charge la santé mentale et le mode de vie de ces personnes pour améliorer leur qualité et leur espérance de vie.