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Des résidus miniers qui rapportent gros

Certains déchets valent leur pesant d’or ou… de terres rares. La société québécoise Technologies Orbite l’a bien compris. Elle a développé un procédé qui traite et valorise divers résidus miniers dans le but notamment d’en extraire les terres rares, dont la valeur sur le marché mondial atteint 11,2 milliards de dollars américains. Et pour optimiser l’extraction plus sélective de ces précieux métaux, l’entreprise a fait appel à Dominic Rochefort, professeur et chercheur au Département de chimie de l’Université de Montréal, et à ses collègues Daniel Guay et Lionel Roué, de l’Institut national de recherche scientifique.

Les « terres rares » sont indispensables au secteur des hautes technologies : écrans d’ordinateur et de télévision, radars, DEL…

Contrairement à ce que leur nom suggère, les « terres rares » ne sont ni de la terre, ni rares. Il s’agit d’un ensemble de 17 minéraux plutôt communs dans la croûte terrestre, mais rarement retrouvés sous forme de gisements facilement exploitables. L’intérêt envers ces éléments ne cesse de croître, car ils sont indispensables au secteur des hautes technologies : écrans d’ordinateur et de télévision, radars, alliages haute performance, DEL, moteur électrique… Le scandium, par exemple, se vend près de 3 000 dollars américains le kilo. Il y a de quoi vouloir le récupérer, même en faible quantité !

Pour récupérer davantage de terres rares, Dominic Rochefort et son équipe exploitent le pouvoir des liquides ioniques, des sels qui restent fluides à la température ambiante. Contrairement aux solvants organiques, ces liquides n’émettent pratiquement pas de vapeurs et peuvent être réutilisés plus facilement. De plus, ils offrent une activité « deux dans un » : ils agissent à la fois comme solvants et comme extractants. Après avoir joué sur la structure moléculaire des liquides ioniques afin qu’ils se lient uniquement aux terres rares, les chercheurs valident et améliorent actuellement leur niveau de sélectivité sur des échantillons miniers réels. Cette technologie sera éventuellement adaptée à d’autres exploitations minières à la recherche d’un procédé d’extraction « propre » et moins dispendieux.