L’université du futur

Mot du scientifique en chef du Québec

Il y a quinze mois déjà, je relevais le défi que m’avait confié le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur1 , soit réfléchir sur l’université québécoise au service d’une société apprenante en présidant les travaux d’un groupe représentatif du monde universitaire québécois. Bien sûr, nous ne partions pas de zéro. Depuis de nombreuses années, les universités au Québec s’efforcent de se montrer plus flexibles, ouvertes, ingénieuses, inclusives, vertes. Mais si nos établissements universitaires ont beaucoup innové au fil de leur histoire, il importe qu’elles poursuivent et accélèrent leurs efforts en se montrant encore plus ambitieuses et innovantes, accessibles à toutes nos communautés, et davantage ancrées dans la société québécoise tout en étant citoyenne du monde.

Le petit groupe s’est donc attelé à préparer un rapport en vue d’alimenter une consultation en ligne, suivie d’une activité délibérative qui s’est tenue pendant quatre journées d’échanges intensifs en novembre dernier. Malgré le contexte sanitaire qui a obligé tous les participants à une grand’messe virtuelle, ce fut un haut lieu de délibérations où toutes les parties prenantes de l’institution universitaire québécoise, depuis les communautés universitaires jusqu’aux instances gouvernementales, en passant par la société civile, ont pu ensemble formuler des idées directrices et des recommandations, et identifier : 1) des voies privilégiées pour que les universités québécoises restent pertinentes, créatives et audacieuses, et 2) les réformes souhaitables dans l’organisation et les pratiques des établissements.

Le présent rapport propose donc le fruit de cette activité délibérative, à savoir un ensemble structuré de pistes d’action prometteuses et constructives pour actualiser 12 recommandations qui faciliteront le développement et assureront la vitalité de l’université québécoise du futur. Les conclusions tirées des recommandations s’adressent à plusieurs acteurs de notre société. En tout premier lieu, elles sont destinées à notre gouvernement et, plus spécifiquement, à la ministre et au ministère de l’Enseignement supérieur. Mme McCann nous a réitéré à plusieurs reprises son intérêt pour nos travaux et pour le développement d’un plan d’action concret à court, moyen et long termes. Nous sommes confiants que les conclusions de nos échanges sur les 12 recommandations répondront à ses attentes. Il ne faudrait toutefois pas oublier d’autres ministères directement impliqués en enseignement supérieur et dans l’université du futur, à commencer par le ministère de l’Économie et de l’Innovation, dont le mandat inclut la science et la recherche, lequel est assurément un acteur clé, car il finance les Fonds de recherche du Québec, la relève en recherche et plusieurs groupements de recherche. Je pense aussi au ministère de l’Éducation qui prépare les étudiantes et les étudiants à accéder aux études supérieures. En fait, plusieurs autres ministères sont interpelés par le devenir de nos universités.

Évidemment, nos universités et les différents groupes qui les composent sont directement concernés dans la mise en place de plusieurs de nos recommandations. À cet égard, le milieu universitaire devra faire preuve d’agilité, d’innovation, et de capacité à se renouveler si on veut que l’université du futur réponde aux aspirations des générations futures et en assurant une présence dynamique dans toutes les sphères de nos sociétés, ici et ailleurs. S’ajoutent plusieurs autres partenaires : municipalités, régions, secteur privé, milieux communautaire et culturel. Tous ont des rôles importants à jouer afin d’assurer le succès de l’université du futur et de faciliter son ouverture et son implication soutenue et innovante dans notre société.

Les travaux qui se terminent ici ne sont pas une fin en soi, mais plutôt un début qui devrait, nous l’espérons, servir d’assises et de plan d’action au développement de l’université québécoise du futur. Il m’importe, Madame la ministre, que cette démarche considérable de réflexion et de délibération connaisse des lendemains féconds et concoure à l’adaptation d’une institution universitaire aux besoins qui la sollicitent. Vivement que nous passions à l’action ensemble. Silence, on tourne !

1 Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur était alors M. Jean-François Roberge. À la fin juin 2020, le ministère de l’Enseignement supérieur a été créé et le mandat du scientifique en chef à la présidence de ce groupe de travail confirmé par la nouvelle ministre, Mme Danielle McCann.

 

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