Poisson-lune

Poisson-lune
Organisation : Musée de Charlevoix

Comme la COVID-19, le poisson-lune est un envahisseur. Ce poisson vivant habituellement du côté de l’Asie, se retrouve de plus en plus dans le Fleuve St-Laurent, sans qu’on ne sache pourquoi. Entouré de barrière, il a perdu sa liberté, tout comme nous depuis les derniers mois. Une odeur de bois fumée s’y dégagera afin de faire référence à l’anosmie.


Lieu

La Malbaie, Capitale-Nationale


Équipe

Jean-François Lettre, artiste ébéniste (veste marron), Pierre Bouchard, artiste peintre (manteau bleu), Suzie Gagnon, musicienne (absente de la photo), Dr Jean-Luc Dupuis, médecin et cinéaste (manteau orange)


Démarche artistique

La COVID-19 nous a montré que nous tenions beaucoup de choses pour acquises. En fait, nous prenions tous nos gestes quotidiens pour acquis : aller au restaurant avec un groupe d’amis, aller à l’épicerie pour acheter un seul item et en ressortir 2 minutes plus tard, respirer l’air pur sans penser qu’un jour nous aurions tous un masque et enfin, sentir I ‘odeur d’un bon café. L’un des symptômes de la COVID-19 est la perte de l’odorat. Est-ce grave de perdre I ‘odorat? Oui. Au point de vue sécuritaire, sentir un aliment périmé nous fait savoir qu’il ne faut pas le manger pour ne pas être malade. Sentir une forte odeur de propane nous met en garde contre un éventuel danger. Mais perdre l’odorat, c’est aussi perdre les petits plaisirs de la vie : humer une fleur, sentir une bonne odeur de pain au four et quoi dire de I ‘odeur si particulière des algues au bord du fleuve.

L’œuvre conçue par les artistes Jean-François Lettre, Pierre Bouchard et Suzie Gagnon représente ce côté restrictif que nous a fait connaitre la COVID-19. Elle misera d’abord sur I‘anosmie, soit la perte de I‘odorat, un des symptômes de la COVID-19. L’œuvre représente un poisson-lune, fait de bois, et qui sera fumé. Les gens pourront sentir de loin le côté fumé du poisson, par contre, ils ne pourront pas le sentir directement, puisque ce poisson sera entouré d’une barrière. En fait, ce poisson a perdu sa liberté ; il est restreint. Le public se sentira une fois de plus brimé dans sa liberté de pouvoir sentir selon son envie, mais pourra humer I‘effluve qui s’en dégagera. Le but étant de faire réfléchir les gens à ce petit plaisir de la vie dont nous prenons rarement conscience.

Nos artistes travailleront avec le Dr Jean-Claude Dupuis, quant aux explications scientifiques liées à la Covid-19. Dr Dupuis est consultant pour la Covid-19 pour la grande région de Charlevoix et donne d’ailleurs des conférences sur le sujet dans les grandes entreprises de la région. Les citoyens de la région seront invités à aller sur le site Internet du Musée de Charlevoix et d’y inscrire ce que l’œuvre leur inspire.

Le poisson-lune sera d’une grosseur de 2 mètres par 2 mètres, soit la distance à respecter entre deux personnes depuis la pandémie. Afin d’amener le côté restreint encore plus loin, nous ferons une projection audiovisuelle directement sur le poisson lune, lors des journées de la culture, en soirée. Un panneau d’interprétation sera situé aux cotes du poisson-lune, afin d’expliquer l’impact du virus sur le système respiratoire et la raison pour laquelle les gens en viennent à perdre l’odorat.

L’œuvre sera placée tantôt dans les espaces extérieurs du Musée de Charlevoix, tantôt sur le quai Casgrain, à La Malbaie.

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